Mardi 5 janvier 2010
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Pierre Moscovici
dans son dernier billet permet de dévoiler ce que sera la stratégie de
l'appareil socialiste avant les primaires si elles sont organisées...Il s'agira de convoquer une grand messe socialiste par l'intermédiaire d'un congrès et d'élire à nouveau un premier secrétaire
avant de commencer la campagne des primaires qui devrait se terminer en automne 2011. On comprend donc le mécanisme qui consiste pour l'appareil socialiste à verrouiller les primaires
pourtant annoncées
ouvertes et à les retarder au maximum pour offrir une fenêtre à l'homme providentiel. C'est clair comme de l'eau de roche.
Cette volonté clairement exprimée par un apparatchik d'importance au sein du parti montre que celui-ci entend conserver d'une main de fer, sa volonté sur le résultat des primaires et que la
personnalité désignée par les sympathisants soit de l'appareil socialiste actuel. Pourquoi?
En mettant le congrès avant les primaires on va faire voter les seuls militants socialistes pour désigner leur premier secrétaire. Soit ce sera une personnalité candidate aux primaires et elle aura
alors le vent en poupe, soit ce sera une personnalité de complexion visant à incarner un semblant d'unité et alors elle se mettra au service de l'appareil. Autrement dit une fois passé le congrès,
l'appareil socialiste se mettra en action pour soutenir la candidature qui exprimera le mieux la volonté de l'appareil socialiste. Vu comment les votes internes sont organisés au sein du parti
socialiste on peut donc se dire que les militants vont voter de nouveau pour la continuité de 2008. D'autant plus que Ségolène Royal n'aura pas intérêt à se lancer avant les primaires dans une
confrontation interne violente au sein du parti. Une confrontation dont elle sait que l'épuration militante ne lui permettra plus d'avoir une espérance de victoire. Ce sera donc un congrès pour
valider la suite de Martine Aubry qui devrait démissionner de son poste et préparer ainsi les primaires. On peut penser à Moscovici, Hamon ou Peillon. Ces trois-là ont eu des garanties comme quoi
ils pourraient bénéficier des largesses de l'appareil en place pour briguer le poste. C'est d'ailleurs une des causes principales du clash de Peillon avec Ségolène Royal.
On le voit donc, la constitution d'un congrès socialiste avant les primaires devrait servir de répétition à l'appareil socialiste en place. Même de plébiscite possible. Qu'en est-il alors d'une
candidature le mois d'après qui ne serait pas issue de cet appareil? Quasiment aucune chance que les militants socialistes votent une fois pour , une fois contre en l'espace de trois mois. On voit
donc bien la stratégie de cet appareil qui veut dans la foulée promouvoir sa candidature choisie par lui.
Cela va à l'encontre de l'esprit de primaires voulues ouvertes à l'ensemble de la gauche. Des primaires où des millions de votants viendraient élire leur candidat pour 2012. Le congrès socialiste
intervenant alors après pour mettre en conformité le parti derrière la candidate retenue. On imagine mal voir une candidate n'ayant pas l'appareil du parti derrière elle. Il sera donc normal que le
premier secrétaire soit issu de sa sensibilité et que le parti se mette en configuration de soutien pour 2012. Non?
L'inversion du calendrier sent donc la grosse manoeuvre politicienne destinée à étouffer toute surprise pour l'appareil socialiste en place. Comme le dit très bien Fabius, cet appareil a choisi
Aubry ou DSK. Nul autre. Instaurer un congrès avant les primaires permettrait donc de verrouiller le processus populaire en imposant un candidat par la force en quelque sorte.
Il y a donc bien deux esprits qui s'opposent au sein du parti socialiste. Un esprit d'appareil qui souhaite garder la main mise sur son destin et n'acceptera pas un verdict militant, et un esprit
citoyen qui pense que les primaires devraient être le moment de valider notre projet, nos idées, au contact des citoyens qui feraient ensuite leur choix en concscience. Cela valide même deux
conceptions démocratiques. L'ancienne qui a peur du peuple et la nouvelle qui se confronte en toute transparence au jugement citoyen. L'immobilisme idéologique et le mouvement citoyen. Qui
l'emportera au parti socialiste? C'est toute la question pour son avenir.